Questions-réponses

© Leopard Trek - Hennes Roth

Du 6 au 26 juin, vous avez été nombreux à poser vos questions à Maxime. Voici ses réponses.

Préparation

Comment l’équipe Leopard Trek prépare-t-elle un contre-la-montre par équipe, comme par exemple, celui du Tour de France? L’avez-vous déjà fait ? Si oui, où ?
(Guy DEBLIRE – Daniel ENGELRELST)
Max : Au lendemain du Tour du Luxembourg, nous sommes restés deux jours sur place pour préparer cette épreuve. On a roulé dans la vallée de la Moselle. Le mercredi avant le Tour, nous irons repérer le parcours du contre-la-montre par équipe. Nous roulerons à allure course pour s’assurer que tout est bien en place.

Prends-tu des vitamines ou des minéraux ? Est-ce que ce sont les les médecins de l’équipe qui l’imposent ou peux-tu les choisir lui-même en fonction de son expérience ?
(Juste Simplet)
Max : L’équipe est sponsorisée par différentes marques de produits alimentaires pour sportifs. Nous avons donc le choix entre deux ou trois marques différentes. Pour ma part, j’utilise au quotidien les multivitamines de First Endurance. Après les courses et les entraînements durs, je prends la boisson de récupération Ultragen de First Endurance également.

Quelle est la journée « type » d’un coureur professionnel ?
(Clémence DUVIVIER)
Max : De mon côté, je me réveille vers 8h30. Puis je prends un petit déjeuner costaud. Je me laisse un peu de temps pour digérer avant de partir pour l’entrainement. En fonction du programme, je roule entre 2h et 6h. Du coup, la journée est plus ou moins longue après. Mais en rentrant de l’entraînement je fais toujours la même chose: douche, étirements et lunch. Après et en fonction de la fatigue, j’ai du temps libre. La plupart du temps je le passe avec ma famille mais c’est aussi l’occasion de satisfaire différents rendez-vous de la vie quotidienne. Dans la soirée, je mange vers 19h30 et je me couche vers 23h.

T’entraines-tu souvent en Belgique? Sur les parcours de la Flèche Wallonne par exemple?
(William DEGEMBE)
Max : Oui, je suis la plupart du temps en Belgique. Je vais rarement sur le parcours de la Flèche. Mes parcours préférés et qui sont pour moi les plus efficaces pour progresser se trouvent dans la région de Trois-Ponts. Là, je peux enchaîner les côtes sans repasser par des portions plates.

En course

Quelle est la journée type pour un coureur sur une course par étapes? Comment est gérée la logistique des bagages? Le coureur doit-il lui-même porter et transférer ses affaires?
(Nadine FRANCKE)
Max : Je l’explique en détails dans mon livre, mais je peux faire un résumé.
Nous nous levons 3h30 avant le départ, dans la foulée nous prenons un déjeuner copieux. Ensuite, nous retournons en chambre pour préparer les bagages qui sont prises en charge par l’équipe. Puis, nous nous rendons en bus sur le lieu de départ, nous sommes alors sur place une heure avant le départ. Nous avons assez de temps pour nous préparer pour la course et pour faire le briefing. Après la course, nous remontons dans le bus où on prend une douche et où on se restaure. Une fois rentrés à l’hôtel, nous allons au massage. Avant le dîner, il reste généralement un peu de temps pour appeler la famille. Nous passons enfin à table vers 21h et nous nous couchons vers 23h.

Dois-tu parfois attendre tes leaders, en course ? Par exemple, lors de la première étape du Tour de Suisse, as-tu dû attendre Andy Schleck lors de la montée finale ou bien était-ce trop difficile de suivre le rythme ?
(Jacques ROTH)
Max : Non, c’est très rare qu’un équipier attende un leader. Au Tour de Suisse, je n’ai pas attendu Andy lors de la 1ère étape. J’étais simplement dans un jour moyen et je me suis retrouvé par hasard avec lui dans les derniers kilomètres.

Au niveau du régime alimentaire, qu’est ce qui change en période de courses?
(Nadine FRANCKE)
Max : Rien. Le secret est justement d’avoir la même alimentation à la maison qu’en course. Il y a juste les quantités qui changent.

Qu’en est-il de l’échauffement de la course ? À quel moment le pratiques-tu ? et comment procèdes-tu ?
(Manuel LEMAIRE)
Max : Pour une course en ligne, il est très rare qu’un coureur pro s’échauffe. C’est sans doute une erreur mais personne ne le fait sauf pour un départ au pied d’une bosse. Pour les contre-la-montres, j’ai un protocole d’échauffement personnel qui dure 37 minutes. Je fais toujours le même.

Quand tu prends conscience de ce que tu fais comme travail, que ce soit l’année passée pour Cav’ ou cette année notamment sur L-B-L pour les Schleck ou encore aujourd’hui au Tour de Suisse où tu mènes un tempo d’enfer sur le dernier col, tu ne te dis jamais quand dans une équipe comme par exemple Omega Pharma Lotto ou Quick-Step, tu pourrais jouer un rôle de leader en montagne ou sur les classiques ardennaises et donc te battre avec ceux pour qui tu dois travailler en ce moment ?
(William DEGEMBE)
Max : Mon problème est que je peux rouler très longtemps à un rythme élevé, au seuil, mais que je n’ai que peu d’autonomie quand je passe dans le rouge. Dans le final de course, la différence se joue toujours sur une période de 1 à 3 minutes dans le rouge. Parfois, ça passe mais souvent c’est trop pour moi. Du coup je préfère aider un leader capable de gagner plutôt que de tenter un hypothétique top 10. Ce n’est pas par manque d’ambition mais une preuve de lucidité, je pense. J’aurai toujours ma chance sur des épreuves qui me conviennent comme le Tour d’Oman ou Paris-Nice cette année.

Équipe Leopard Trek

L’équipe Leopard Trek est-elle populaire ?
(Solène WYDAU)
Max : Je l’espère. Dans le cyclisme il y a une petite dizaine de stars. Il y en a trois chez Leopard Trek!

Quand tu participes à des grands tours ou des courses de plusieurs jours, avec qui partages-tu ta chambre ?
(Solène WYDAU)
Max : Cette année je suis en chambre avec Jakob Fulgsang. Chez HTC j’étais avec Tony Martin en 2010 et Kim Kirchen en 2009.

Comment est l’ambiance dans l’équipe, en sachant que l’équipe n’existe que depuis quelques mois ? Et avec qui tu t’entends le mieux ?
(Solène WYDAU – Clémence DUVIVIER)
Max : L’ambiance est très bonne. Je ne sais pas quelle en est la raison mais on rigole bien. Je m’entends bien avec tout le monde mais c’est vrai que je parle souvent avec Frank.

Est-ce que dans l’équipe, on met tout en commun en ce qui concerne son « secret » de préparation, ou chacun garde quand même son truc ? Il doit quand même y avoir un peu de compétition entre les coureurs de même niveau comme Gerdemann ou Fuglsang ?
(Juste Simplet)
Max : Nous discutons beaucoup entre nous. On partage les techniques d’entrainement. Mais nous sommes tous des coureurs d’expérience et je pense qu’aucun d’entre nous ne voudrait changer une méthode qui a fait ses preuves sur lui. Le coureur marche beaucoup à la confiance. Et en plus un entrainement qui fonctionne sur un coureur ne fonctionne pas forcément sur un autre.

Je sais que ce projet au Luxembourg te tentait, ce qui est normal vu la Dream Team que vous avez, mais être dans une équipe belge ne t’a jamais tenté?
(William DEGEMBE)
Max : Le cyclisme est un sport international. J’ai choisi une équipe où j’étais presque sûr de me sentir bien peu importe la nationalité. Ce n’est pas le cas actuellement en Belgique. J’espère que ça changera à l’avenir.

Supporteurs

Que penses-tu des nombreux supporters venant acclamer l’équipe sur le bord des routes ou près du bus lors d’une course ?
(Clémence DUVIVIER)
Max : C’est super. Ça montre que l’équipe est populaire. Ça donne une motivation supplémentaire, c’est certain.

Aimerais-tu que le fan club bouge un peu plus pour toi dans les courses pour te soutenir comme les deux voyages au tour de France ? Ne trouves-tu pas que l’on devrait organiser plus de sorties « supporteurs » ?
(Fabrice PONCELET – Vincent GOFFINET)
Max : C’est toujours sympa d’avoir des supporters sur une course, je l’ai toujours dit. Mais je sais aussi que ce n’est pas simple logistiquement. Mon désir est de garder un fan club familial qui correspond à mon image. On se prive donc parfois de grandes organisations faute de main d’œuvre et d’argent.

Tour de France

Pourras-tu jouer ta carte personnelle sur le Tour de France ?
(Maxime PAQUET)
Max : Je vais d’abord au Tour pour aider les frères à le remporter. Mais il est possible que je me glisse dans des échappées en montagne pour protéger l’équipe. Dans ce cas-là je pourrai jouer la victoire d’étape.

Max, après avoir suivi à la télévision l’étape du Tour de Suisse d’aujourd’hui, (6ème étape, jeudi 16/06), je suis étonné de ta performance. Tu as tiré le groupe toute la montée et Franck Schleck n’a pas profité de ton aide. Par contre, malgré ces efforts, tu termines avec les meilleurs. Ne penses-tu pas que tu es le plus performant de l’équipe actuellement ou bien est-ce une tactique en prévision du Tour de France, je veux dire par là que les équipiers travaillent comme au Tour et on voit qui est le plus apte à aider les frères Schleck ?
(Jacques ROTH)
Max : Comme je l’ai dit auparavant, je peux être très performant quand il s’agit de faire le rythme dans un col, sans me mettre dans le rouge, en choisissant ma propre vitesse, même si celle-ci est élevée. Je ne suis pas sûr que j’aurais été plus performant si, ce jour-là, j’étais resté dans les roues pendant la montée en subissant les attaques des adversaires.
Et en ce qui concerne cette sixième étape du Tour de Suisse, Frank me met plus de une minute sur la ligne alors que je n’ai pas coupé mon effort dans les deux derniers kilomètres.

Rêves

Quelle course rêves-tu de gagner ?
(Clémence DUVIVIER)
Max : Sans hésiter, Liège-Bastogne-Liège.

Vie privée

Comment les femmes des cyclistes (surtout professionnels ou à très bon niveau) font-elles pour vivre avec un coureur?
(nat77)
Max : Le coureur cycliste est avant tout un être humain qui a les mêmes besoins affectifs que n’importe qui d’autre. Simplement le métier de coureur est un peu particulier et il faut donc s’adapter aux voyages, aux contraintes de régime, aux sorties festives qui sont limitées, etc…
Au bout du compte je pense que je passe plus de temps avec ma famille qu’une personne qui travaille toute la semaine et qui ne voit ses enfants qu’une heure par jour. Les absences ne sont pas toujours simples à gérer mais Skype fonctionne très bien. Et au moins il n’y a pas de routine dans la vie familiale qui est rythmée par le calendrier des courses.



11 commentaires pour “Questions-réponses”

  1. Merci beaucoup Maxime pour toutes ces réponses
    Amitié, Solène

  2. Merci pour cette interview ! C’est un réel plaisir de lire toutes ces questions/réponses.

  3. Vraiment, je trouve ce questions /réponses très sympa.
    Merci de ta spontanéité.
    De tout coeur avec toi sur le Tour.
    Bises

  4. Un tout grand merci d’abord à l’initiateur(trice) de ce question-réponse au demeurant très intéressant et évidemment à Max qui ,une fois de plus ,démontre sa disponibilité et surtout la proximité qu’il souhaite maintenir avec ses supporters.
    Reste à te souhaiter un BON Tour de France avec une victoire à la clé ! et la réussite de l’objectif de Léopard-Trek: la plus haute marche du podium à Paris .

  5. Merci beaucoup a Maxime et lui souhaitons et son equipe Leopard-Trek un tres bon Tour de France .
    Maxime a beaucoup de supporters au Nord du Pays .
    Amities.

  6. Merci beaucoup.

    Et que ça roule sur le Tour 😉

  7. Belle initiative ce questions/ réponses .
    Merci à Max d’avoir joué le jeu et de nous avoir éclairé un peu à propos de ces sujets . Bonne continuation Max et je te souhaite une totale réussite sur le Tour de France .

  8. Très sympa ce « question-réponse ».
    Je te souhaite plein de réussite au TOUR.

  9. Merci pour les réponses 😉

  10. merci max et a bientot sur les routes du tour

  11. Un grand merci pour toute l’attention que tu as porté à nos questions.
    Have a nice race

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